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Le capital risque : est-ce vraiment si risqué ?

François Xavier Combe
Écrit par François Xavier Combe, le 17 janvier 2022
Temps de lecture : 5 minutes

Le capital risque : vos réponses en bref

Le capital risque permet de financer de jeunes entreprises en participant au capital de celles-ci. 

Les capital-risqueurs étudient le business plan et l’entreprise elle-même (ses produits, son marché visé et ses objectifs de développement) avant d’investir et apporter des fonds propres. Lors de sa sortie du capital, l’investisseur sera rémunéré sur les plus-values réalisées par la vente de ses titres.

Des sociétés de gestion gèrent des “fonds”, nationaux ou régionaux, généralistes ou spécialisés. Ce sont principalement ces fonds qui investissent dans le capital risque. 

Capital risque : de quoi parle-t-on ?

Le capital risque correspond à une prise de participation par un ou plusieurs investisseurs au capital d’entreprises non cotées.

Lorsqu’un capital-risqueur investi dans le capital d’une entreprise, cette dernière lui cède en contrepartie des actions ou parts sociales.

Le but de cette démarche est de participer de manière financière au développement d’une entreprise et de réaliser une plus-value lorsque l’investisseur cédera ses titres. Les entreprises ont généralement un fort potentiel de croissance et obtiennent le statut de jeune entreprise innovante (JEI).

L’un des avantages du capital risque est de pouvoir augmenter les fonds propres sans augmenter l’endettement. Pour mener à bien un projet, l’augmentation des fonds propres permet de renforcer la structure financière de l’entreprise et d’avoir facilement l’appui des banques. 

Capital risque : comment ça marche ?

Il y a trois moments clés : l’entrée en capital, le développement de l’entreprise et la sortie du capital.

L’entrée en capital :

Cette étape se traduit par une phase d’étude du business plan et de présentation de l’entreprise, du produit, du marché visé et des objectifs de développement. Cette phase d’étude prend plusieurs mois. Pour investir au capital risque d’une entreprise, le capital-risqueur peut : 

  • Souscrire à des actions ordinaires,
  • Souscrire à des actions à dividende prioritaires ou assorties de “bons de souscription d’action” (ABSA),
  • Accorder des avances en compte courant d’associé.

Notez qu’une fois le business plan établi, il est possible de :

Le développement de l’entreprise :

Lorsqu’un capital-risqueur est entré au capital d’une société, il reste en moyenne entre 3 et 7 ans au capital de l’entreprise. L’objectif est de rester suffisamment longtemps au capital pour que l’entreprise soit solidement implantée sur son marché et d’établir un rythme stable.

La sortie du capital : 

L’investisseur sera principalement rémunéré sur la plus-value lors de la vente de ses participations. Le but est de sortir du capital en revendant au mieux les titres. Pour sortir, il est possible de :

  • Réduire ou amortir le capital,
  • Vendre les titres aux associés initiaux à un prix convenu,
  • Vendre les titres à une autre entreprise,
  • Introduire l’entreprise en bourse.

Qui peut en bénéficier ?

Pour mettre en place une innovation, des capitaux sont nécessaires pour financer la recherche et les prototypes. Pour financer cette étape, une phase dite d’amorçage est nécessaire. Pour bénéficier de ce capital, il existe 3 situations : 

  • La première situation est d’avoir une idée innovante. Pour la concrétiser, une structure juridique (l’entreprise) doit être créée. Pour proposer cette idée innovante sur le marché, l’entreprise fera des tests et développera le produit/ service. Un premier tour de table sera fait pour financer le matériel et les personnes travaillant sur le projet. L’apport de capitaux est plus qu’important, car la durée des tests peut être plus ou moins longue.
  • La deuxième situation est d’avoir une idée qui émerge au cours de l’activité de l’entreprise existante. Un apport de capitaux complémentaire est nécessaire pour financer ce projet. 
  • La troisième situation est d’avoir un produit ou service testé et suffisamment satisfaisant pour le mettre sur le marché. L’entreprise a donc besoin d’un nouvel apport pour lancer les démarches commerciales (en matière de publicité, de communication ou encore de développement à l’international). 

Attention : durant la phase d’amorçage, le risque pour les investisseurs que le projet soit un échec est grand.

Qui sont les investisseurs et comment choisir le bon ?

Qui sont les investisseurs ?

Dans la majorité des cas, ce sont des professionnels qui investissent au capital risque. 

Ce sont les sociétés de gestion qui sont à l’origine des investissements en capital risque. Ces sociétés de gestion doivent être agréées par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et gèrent ce que l’on appelle des “fonds”. Les fonds sont soumis à des quotas d’investissement. Ces quotas sont définis légalement par l’article 124 du Code monétaire et financier. 

Outre l’aspect financier, le capital-risqueur peut conseiller et aider l’entreprise dans son développement. 

Notez que les fonds peuvent avoir diverses formes :

  • Sociétés de capital-risque (SCR), 
  • Fonds communs de placement à risque (FCPR), 
  • Fonds communs de placement dans l'innovation (FCPI), 
  • Fonds d'investissement de proximité (FIP)

En fonction des besoins en fonds propres des entreprises, on distingue : 

  • Des fonds nationaux : ces fonds peuvent être généralistes comme ils peuvent être spécialisés. Les secteurs d’activités dans lesquels un fond sera spécialisé sont : le high-tech, les cleantechs, les logiciels, etc. 
  • Des fonds régionaux : ces fonds opèrent grâce aux Instituts régionaux de participation (IRP)
  • La corporate venture : ce sont les grands groupes industriels qui créent ces fonds. Ces fonds sont généralement spécialisés et interviennent sur leur propre secteur d’activité. 

Quels sont les montants investis par les capital-risqueurs ?

Un capital-risqueur a de gros moyens et peut investir des sommes variables selon les projets.

En fonction du projet, le montant du capital risque investi peut aller d’une dizaine de milliers d’euros à plusieurs millions d’euros. 

Le montant varie selon le besoin de l’entreprise et de l’intérêt porté au projet par les investisseurs afin d’avoir un retour sur investissement.

Comment choisir le bon investisseur ?

Le choix du bon investisseur dépend de 4 critères : 

  • Le stade d’intervention : est-ce que l’investisseur intervient à la phase d’amorçage ? De création ? De développement ? Ou de reprise ?
  • Les montants minimum et maximum accordés. 
  • Les secteurs d’intervention : certains fonds sont spécialisés et les entrepreneurs ont tout intérêt à en contacter un pour bénéficier de leur expertise et d’adresses utiles.
  • La couverture géographique : certaines structures sont régionales. C’est le cas des SCR Régionales et des FIP.

Quels sont les risques ?

Lorsqu’un investisseur décide d’investir dans une entreprise à fort potentiel, il prend le risque de ne pas pouvoir céder les titres achetés et de tout perdre si l’entreprise disparaît.

Notez que le capital risque n’est pas une source de financement comme les autres.

Les investisseurs possèdent une partie du pouvoir aux assemblées grâce aux titres qu’ils possèdent.

Des questions ? Notre conseiller Henry peut vous aider dans vos démarches.

François Xavier Combe

À propos de François Xavier Combe

François-Xavier décide de créer Easyblue après plus de 15 années passées à développer des agences AXA.Son expertise de l'assurance est un levier indispensable à la compréhension des risques auxquels sont confrontés les entrepreneurs chaque jour. Fasciné par la manière dont certains arrivent toujours à repousser leurs limites, il prend Kai Lenny et Nirmal Purja comme inspiration pour conter les récits des plus belles aventures humaines.

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