Startup en difficulté : comment anticiper et faire face aux premières complications ? 

Tips
Écrit par 
Amélie Gautier
Le 
19/11/2020
Temps de lecture 
6
 min

Startup en difficulté : comment anticiper et faire face aux premières complications ? 

Tips
Écrit par 
Amélie Gautier
Le 
19/11/2020
Temps de lecture 
6
 min
Diplômée d'un Master en droit des affaires et passionnée par le monde de l'entreprise, Amélie s'efforce de rendre accessible les informations juridiques nécessaires aux entrepreneurs tout au long de leurs projets chez Captain Contrat.

Monter sa startup est très attrayant. Vous avez la bonne idée, votre startup est lancée. Mais pour de multiples raisons, une startup peut connaître à un moment ou un autre des difficultés financières. Quelles en sont les causes ? Comment anticiper et identifier les difficultés ? Quelles solutions juridiques s’offrent à vous pour y faire face ?

Ainsi, beaucoup de facteurs peuvent intervenir et mettre sa startup en difficultés financières.

Comment anticiper les difficultés dès la création de la startup ?

Vous avez trouvé la bonne idée, vous souhaitez créer votre startup afin de vous lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Créer sa startup peut être très grisant. Cependant il faut rester vigilant et ne pas foncer tête baissée sans avoir pris de précautions.

En effet, gérer une entreprise est loin d’être un parcours linéaire. Vous allez être confronté à des incertitudes, à des doutes. Des difficultés peuvent survenir même lorsque la situation de votre startup semble florissante.

En premier lieu, vous devez réaliser un business plan. Il ne faut surtout pas négliger ce document de départ qui sera essentiel pour le bon fonctionnement de votre startup.

Le business plan doit répondre à plusieurs questions :

  • Est-ce que le produit ou le service que je souhaite vendre ou développer répond à un besoin des consommateurs ? Le marché est-il porteur ?
  • Quel est le juste prix du produit ou du service proposé ?
  • Existe-t-il une concurrence ? Si oui, comment se démarquer face aux concurrents ?
  • Comment financièrement lancer ma startup ? Comment lever des fonds ?
  • Comment gérer mes stocks ?

Ce business plan est ainsi l’élément fondateur de votre startup, voire l’élément vital. Vous devez avoir bien défini le marché dans lequel vous souhaitez vous lancer. Il faut étudier les comportements des consommateurs, leurs goûts, leurs besoins. Il faut savoir vendre votre produit ou votre service au juste prix. Pour étudier cela vous pouvez vous aider de techniques, comme Le POC (proof of concept) ou le MVP (Minimum viable products).

Le POC permet de vérifier si une théorie, un produit ou une idée peut fonctionner dans le commerce. Il s’agit là de tester votre idée, votre produit auprès d’utilisateurs qui doivent vous donner leur opinion. Cela permet d’anticiper la réaction de vos futurs clients.

Le MVP permet de mettre en place un produit comportant un minimum de fonctionnalités. Le but est de déterminer si le produit est viable tel quel. Vous pourrez ainsi corriger ses imperfections.

Vous devez également étudier la concurrence sur le marché. Il est très important de bien définir quels seront vos futurs concurrents et de mettre en place une stratégie pour vous en démarquer.

La levée de fonds est l’un des nerfs de la guerre dans la vie d’une startup. Vous devez être en mesure de pitcher le business model de votre startup afin de séduire les banques et investisseurs. A noter qu’une levée de fonds trop importante doit être bien gérée car elle peut paradoxalement avoir un effet négatif si elle n’est pas bien maîtrisée. Une croissance trop rapide peut ainsi être contreproductive et devenir incontrôlable.

Il est aussi indispensable dès le début de bien vous entourer. Cela passe par le choix de vos associés et du cadre juridique que vous pouvez choisir avec Captain Contrat. De nombreuses startups ont été en grandes difficultés suite à des mésententes entre associés impossibles à gérer à cause par exemple de l’absence d’un pacte d’associés.

Il est également très important de définir une bonne gestion, une organisation précise, de votre startup. Une mauvaise gestion entraîne bien souvent des conséquences graves. Des choix stratégiques inadaptés peuvent être pris entraînant des dettes qui n’étaient pas prévues. L’organisation du fonctionnement de la startup doit être ainsi la plus claire et déterminée possible

Comment identifier ces difficultés ?

Il existe plusieurs facteurs entraînant des difficultés pour une startup. Ces facteurs peuvent être d’ordre internes mais aussi externes.

En interne, une mauvaise gestion de la part du dirigeant peut entraîner des complications financières importantes pour la société. Faire un mauvais choix stratégique, ne pas suivre son business plan, manquer de stocks, sont autant de facteurs pouvant conduire la startup à une situation critique.

De même, le fait pour un dirigeant qui n’anticipe pas assez rapidement les progrès technologiques, le développement de la concurrence, l’évolution de l’activité, met en danger sa société.

Des facteurs externes sont aussi susceptibles d’entraîner de lourdes difficultés. Des crises économiques et sanitaires comme celle de la covid-19 en sont l’exemple. Ce sont des contextes particuliers et exceptionnels qui peuvent affecter lourdement une société.

Des transitions technologiques peuvent également avoir pour conséquence de créer une crise économique dans certains secteurs. Par exemple, la transition numérique a dans un premier temps touché des secteurs d’activité. Si la startup ne prend pas ce virage tout de suite, elle va se retrouver en difficulté.

Cela peut également provenir de beaucoup de facteurs externes échappant au contrôle de son dirigeant, comme des stocks insuffisants, des factures impayées, des problèmes de personnel.

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Quelles sont les solutions pour en sortir ?

En tant que dirigeant de startup, vous allez sans doute faire face à des difficultés. Il est alors indispensable d’être en mesure de les anticiper, de les identifier. Pour cela, il est très important que vous ayez en tête les solutions qui s’offrent à vous. Il est ainsi fortement conseillé de se faire accompagner par un avocat spécialiste dès la création de votre startup afin d’assurer un départ sur des bases solides, grâce à un arsenal juridique complet. A l’apparition des premières difficultés, un avocat spécialisé en droit des entreprises en difficulté pourra vous accompagner et vous guider tout au long de la procédure adaptée.

Lorsque les premières difficultés apparaissent il est impératif de réagir immédiatement pour éviter la faillite. En effet, trop de dirigeants de société attendent, espérant que la situation va se rétablir, qu’il ne s’agit que d’une mauvaise étape à passer. Pourtant, plus tôt les difficultés seront identifiées et prises en compte, plus vite elles pourront être résorbées.

Le droit dispose de procédures pour venir en aide à ces dirigeants. Il ne s’agit pas d’une punition, n’importe quel dirigeant peut se retrouver en difficulté. Le droit intervient pour leur donner une seconde chance.

A commencer par des procédures dites de mesures préventives. La conciliation et le mandat ad hoc sont deux procédures permettant de négocier des délais de paiement avec les créanciers par exemple, pour tenter de résorber les difficultés passagères de l’entreprise.

Si toutefois ces méthodes ne suffisent pas ou que la situation financière de la startup est déjà trop grave, les procédures collectives vous viennent en aide.

Différentes procédures collectives prévues par la loi peuvent être engagées afin d’aider les dirigeants qui sont dans une situation préoccupante. L’objectif est de pouvoir faire face au remboursement des dettes en négociant avec les créanciers, tout en maintenant les emplois.

Plusieurs solutions existent en droit selon le degré de gravité de votre situation.

La sauvegarde judiciaire

Cette procédure intervient lorsque les difficultés financières ne sont pas encore trop graves, lorsque le seuil d’état de cessation des paiements n’est pas encore atteint. Une entreprise est en cessation des paiements lorsqu’elle ne dispose plus suffisamment d’actif pour faire face à ses dettes, à son passif exigible.

L’objectif de la procédure de sauvegarde est de réorganiser l’entreprise afin qu’elle puisse faire face à ses dettes. Il s’agit d’apurer son passif. Cette procédure est instaurée pour une durée de 18 mois. Une période d’observation de 6 mois débute, qui peut être renouvelée sans pouvoir dépasser ces 18 mois. À la fin de cette procédure, le juge déterminera si l’entreprise a pu être sauvée.

Mais lorsque la situation de l’entreprise a atteint un point de non-retour, celui de l’état de cessation des paiements, seules deux solutions sont alors possibles : le redressement judiciaire ou la liquidation judiciaire.

La procédure de redressement judiciaire

Cette procédure intervient lorsque l’entreprise ne peut plus honorer ses dettes. Son actif est insuffisant pour faire face à son passif exigible. L’idée est de déterminer un plan de redressement. Ce plan a pour objectif la sauvegarde de l’entreprise, le maintien des emplois et le remboursement des dettes. Cette procédure a également une durée maximale de 18 mois.

Le dirigeant dispose d’un délai de 45 jours, pour déclarer l’état de cessation des paiements de sa startup auprès du Tribunal de commerce lorsque la société est commerciale, ou du Tribunal de grande instance, s’il s’agit d’une société civile.

À noter : si vous n’avez pas déclaré votre état de cessation des paiements dans les temps, votre responsabilité pour insuffisance d’actifs en tant que dirigeant peut être engagée.

L’entreprise est placée en période d‘observation pendant laquelle le juge va examiner si la poursuite de votre activité est viable. A l’issue de la période d’observation, le juge peut décider soit :

  • De suivre un plan de redressement si la reprise de l’activité est possible ;
  • De lancer une procédure de liquidation judiciaire si la situation est telle que la reprise de l’activité est impossible.

La procédure de liquidation judiciaire

Cette procédure est ouverte lorsque le tribunal considère que votre entreprise ne dispose pas des capacités financières suffisantes pour maintenir son activité. L’objectif est alors de rembourser les créanciers de l’entreprise.

Un mandataire liquidateur judiciaire va être nommé afin de procéder à la liquidation de l’entreprise. Il doit procéder à :

  • La mise en vente aux enchères des biens mobiliers et immobiliers de l’entreprise. Les sommes dues à cette vente vont servir au remboursement des dettes
  • Le licenciement des salariés de l’entreprise dans les 15 jours suivant l’ouverture de la procédure de liquidation judiciaire
  • Le dessaisissement du dirigeant de l’entreprise. Celui-ci ne peut plus ni diriger son entreprise, ni la gérer.
  • L’arrêt des poursuites individuelles de la part des créanciers. Le paiement des dettes doit se faire collectivement et non plus individuellement.

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